Le mot « traboule » vient du latin « trans ambulare », qui signifie « passer à travers ». Construits dès le 4e siècle pour accéder plus facilement à l’eau fraîche de la rivière, ces passages sont devenus essentiels à la Renaissance, pendant l’essor du commerce de la soie à Lyon. Les canuts, célèbres ouvriers de la soierie, empruntaient ces couloirs couverts pour transporter leurs tissus délicats à l’abri des intempéries.
Au 19e siècle, en pleine révolution industrielle, ces ouvriers se sont soulevés pour obtenir de meilleurs salaires et des conditions de travail plus justes, donnant lieu aux célèbres révoltes des canuts. À travers ces passages secrets, ils ont pu se faufiler jusqu’au cœur de la ville et en prendre le contrôle. Plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, ces allées dissimulées menant d’une rue à l’autre ont permis aux résistants français d’échapper aux forces nazies et de faire circuler armes et messages sans éveiller les soupçons.
Aujourd’hui, Lyon compte près de 400 traboules, dont une quarantaine seulement sont accessibles au public. Entre escaliers en colimaçon, plafonds voûtés et arches Renaissance sophistiquées, chacune possède une architecture et un caractère unique.